Situations d’écriture pour préparer

Le DÉFI de la Dizaine d’avril 2005

 

 

Situation 1 -  Papa prudent

Des élèves de ton école rigolent parfois en se racontant les méchancetés vues dans l’émission South Park. Tu connais des amis qui imitent le langage de l’émission. Récemment, tu apprends que le papa d’un ami interdit à son fils de 12 ans de la regarder. Peux-tu trouver trois bonnes raisons pour qu’un papa agisse ainsi ? Quels conseils donnes-tu aux parents concernant cette émission ?

Situation 2 -  Bloquer la peur

Julien fait des cauchemars après avoir vu certains films. La même chose est arrivée à Isabelle après avoir vu un vidéoclip de chanteur. La télé nous envoie parfois des images d’horreur ? Devient-on brave à force de regarder des films violents ? Non, c’est tout le contraire. Plus on en regarde, plus on devient peureux.  Raconte-nous un film ou une émission qui t’a fait peur. Comment pourrais-tu empêcher la peur d’entrer dans ta tête ?

Situation 3 -  Cadeaux empoisonnés

Noël vient de passer. Tu connais des amis qui ont reçu des jeux qui contiennent de la violence alors que Noël est l’anniversaire de naissance d’un bébé annonçant la Paix. Tu donnes des conseils à un ami sur la violence contenue dans son cadeau. Tu lui parles en évitant de lui faire de la peine. Que lui dis-tu ?    

 

Situation 4 –  Défi de la Dizaine

 

Au mois d’avril dernier, des parents ont lancé à leurs enfants un DÉFI extraordinaire, vivre 10 jours sans télé, ni jeu vidéo, ni ordinateur. Il paraît qu’en remplaçant la télé par d’autres activités, la violence diminue. Plusieurs élèves ont relevé le DÉFI et ont réussi. Si un DÉFI de 10 jours était lancé dans ton école, combien de jours crois-tu pouvoir réussir ? Quelles seraient tes activités préférées pour remplacer la télé ? Comment tes parents pourraient-ils t’aider ? 

 

Situation 5. Publicité toxique

 

Dans une annonce publicitaire vue à la télé, tu as trouvé un poison. L’annonceur a utilisé la violence ou la méchanceté pour attirer l’attention. Raconte-nous l’annonce et le poison utilisé. L’annonceur aurait-il pu utiliser une vitamine plutôt qu’une bactérie pour attirer l’attention ? Fais lui des suggestions.

 

Situation 6.  Lucie courageuse

 

Lorsque Lucie a annoncé à ses parents qu’elle allait essayer de passer 10 jours sans télé, ses parents ont tenté de la décourager. « Jamais tu ne pourras réussir ». Lucie était pourtant bien décidée. Raconte-nous ce qu’elle a fait avec l’appareil qui était dans sa chambre et comment elle a convaincu sa sœur du secondaire. Pourquoi l’admires-tu ?        

 

Situation 7. Jeux vidéo nuisibles

 

Depuis qu’il a mis de côté ses jeux vidéo, Maxime a vu ses notes scolaires s’améliorer. Depuis que Sébastien a cessé de regarder la télé, il a perdu du poids. Pourquoi ces changements sont-ils arrivés ? Que conseilles-tu à des amis qui veulent réussir à l’école et perdre du poids ?

 

Situation 8. Émissions dangereuses

 

La Déclaration internationale relative aux Droits des enfants dit que les gouvernements doivent protéger les enfants contre les émissions qui nuisent à leur santé et à leur sécurité. Tu écris au Premier Ministre du Canada pour lui donner le nom de 2 ou 3 émissions qui nuisent aux enfants. Quelles sont ces émissions ? Pourquoi faudrait-il les retirer des ondes ?     

 

Consignes aux titulaires  

 

L’activité d’écriture « SOLUTIONS des JEUNES » vise à développer 3 compétences :

la capacité d’expression, le sens critique et la pouvoir d’empathie.

 

Modalités de réalisation de l’activité d’écriture

L’activité d’écriture se déroule idéalement au même moment dans toute l’école, de préférence en avant-midi. Une modalité particulière est prévue pour les élèves qui ont un cours d’éducation physique à ce moment. Le choix du moment est convenu entre les membres du personnel, puis annoncé aux élèves,  au moment opportun. 

 

Durée : une demie journée devrait suffire : 20 minutes de lecture des situations d’écriture, échange sur chacune, 60 minutes d’écriture, 15 minutes de transcription au propre. La période débute par une courte présentation par la direction, au télévox, où l’on explique l’intérêt de vivre cette période pleinement, son caractère obligatoire et sa raison d’être.

 

Présentation en classe

Il s'agit d'une activité où 8 situations d’écriture sont présentées aux élèves. La titulaire peut réduire le nombre de situations et retrancher celles qui semblent moins pertinentes à la préparation du DÉFI.

*  En 3e, 4e, 5e et 6e année, on lit les situations une à une. Un élève différent lit à haute voix. Après la lecture de chacune, discussion de 3-4 minutes maximum pour d’assurer que la situation est comprise et que l’imaginaire des élèves est stimulé. Une fois les 8 situations présentées, (environ 20 minutes) chaque élève choisit sa situation préférée et compose son texte. Au brouillon d’abord, au propre ensuite. Avant la rédaction définitive, l’enfant apporte son texte à la maison pour le montrer à ses parents. Ceux-ci peuvent aider l’enfant à compléter ou à corriger.  

*  En maternelle, première et deuxième année, une seule situation est soumise aux élèves, la 4e. Les élèves complètent la phrase suivante : « À la place de regarder la télé, j’aimerais _________________________ ».

Ils transcrivent la phrase au bas d’une feuille blanche et se dessinent en train de réaliser cette activité. Les enfants apportent leur dessin à la maison pour le montrer à ses parents. Ceux-ci peuvent aider l’enfant à compléter et expriment leur appréciation pour encourager l’enfant.

Exigences

Le titulaire explique clairement les exigences minimales requises. Longueur minimale : 10, 15 ou 20 lignes selon l’âge. Propreté, bon français. Aucun maximum.

Critères : les textes seront jugés sur les idées, originales et audacieuses. Rien n’interdit à l’enseignant d’utiliser le texte des élèves pour l’évaluation. Il est très important que tous participent. Même les élèves plus rébarbatifs doivent s’impliquer, surtout eux. Ils doivent sentir que nous accordons beaucoup d’importance à leurs sentiments, à leur avis. Ils ont des choses importantes à exprimer. N'oublions pas que notre stratégie fait appel à la CAPACITÉ D'EXPRESSION (émotions et opinions) et au SENS CRITIQUE. Sans ces deux clés, nous ne pouvons pas toucher le POUVOIR d’EMPATHIE, indispensable au développement de leur sens des responsabilités. C'est ce pouvoir qui est le plus endommagé chez nos jeunes, aujourd’hui, d'où l'importance de le toucher.

Note aux pédagogues

Dans TOUS LES GROUPES, nous nous adressons toujours simultanément à des jeunes qui sont, à divers moments du jour, des Cibles, des Auteurs d’agression et des Témoins de violence verbale et physique.
-  CIBLES. Leur capacité d'expression est indispensable pour survivre, s'accrocher, se lier,  chercher du secours. Briser la loi du silence, sortir de l’isolement, pour eux et elles, c'est un impératif.
-  AUTEURS. Leur capacité d’expression est indispensable pour débloquer, percer un trou dans la carapace fabriquée depuis leur naissance. Leur sens critique est aussi fortement atrophié suite aux abus répétés et à l'exposition à la violence réelle ou virtuelle. Pour eux, l'activité d'écriture est un traitement choc dont ils tireront bénéfice triplement à moyen terme (leur petite copine) et à long terme (leurs enfants).
-  TÉMOINS. Les témoins doivent découvrir leur pouvoir d’intervenir, apprendre à dissuader les agresseurs, appuyer les victimes, briser leur propre impuissance, leur complaisance ou leur indifférence.
Chaque élève joue, à divers moments, un rôle différent selon qu'il est en classe, dans l'autobus, à la maison avec ses parents, ses frères et ses soeurs, avec son copain ou sa copine, à l'école, avec sa gang.  En impliquant C, A et T dans cette activité d’écriture, nous touchons tous les élèves et les aidons à construire dans leur imaginaire des passerelles pour agir et communiquer entre eux et avec nous.
Tous les élèves doivent utiliser leur imagination. Saisir le rapport entre ce qu’ils subissent, ce qu’ils voient et ce qu’ils font. 

 

L'activité d'écriture vise à toucher les jeunes intellectuellement et émotionnellement. Contrairement aux médias qui veulent accrocher des consommateurs pour les soumettre, leur faire avaler des annonces publicitaires, l'école veut produire des CITOYENS, des personnes responsables, agissantes, soucieuses du bien commun. Voilà pourquoi chaque élève choisit la situation qui le rejoint, cherche sa solution et la met par écrit pour la rendre comprise par d’autres.
L'important, lors de la réalisation de l’activité d’écriture, c'est que personne, NI ÉLÈVE, NI ENSEIGNANT, ne la perçoive comme une activité facultative, de loisir ou de divertissement. Personne n'a le choix de faire ou non l'activité d'écriture. En dernier recours, les élèves récalcitrants auraient à expliquer (le même nombre de lignes que les autres) pourquoi ils refusent de participer à cette activité d'écriture.

 

Jacques Brodeur

JBrodeur@edupax.org

www.edupax.org